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EN QUETE DES ORIGINES Pierre Berthoud PREFACE Comment Dieu pouvait-il expliquer aux hommes son plan de rédemption au travers des âges ? Le seul moyen d’y parvenir était d’accomplir une série d’actions éclairées par des explications et, pour ne pas avoir à les répéter sans cesse, il fallait qu’elles soient à la fois enregistrées de manière fiable. C’est précisément ce que fait la Bible d’après son propre témoignage. Les deux derniers siècles de recherche ont abouti à ce que la majorité des spécialistes rejettent la fiabilité globale des textes bibliques parce qu’ils prétendent être capable de déterminer l’origine de ces textes ainsi que leurs objectifs en se basant sur la méthode historico-critique. C’est ici que Pierre Berthoud avec courage et conviction, prend position en faveur du témoignage biblique. Il ne cesse d’affirmer que la Bible est « le véhicule d’un message dont l’origine est Dieu, cet être infini et personnel qui est réellement capable de communiquer sa pensée selon les catégories et les termes mêmes du langage humain ». C’est la Bible qui nous livre ce que Dieu a réellement communiqué aux êtres humains. « Il nous semble qu’il y a incompatibilité entre la méthode historico-critique et la formulation d’un discours théologique. La première fonde sa démarche uniquement sur les lumières de la raison, la seconde nous rappelle que Dieu a parlé et agi dans l’histoire et que cette révélation, dont le point culminant est en Jésus le Christ, est toujours d’actualité aujourd’hui » Certains pourraient se demander si l’on peut encore défendre une telle perspective théologique à la lumière des connaissances actuelles, connaissances qui prennent en compte les résultats de la critique biblique, notamment des hypothèses qui établissent la date de rédaction des livres de l’Ancien Testament longtemps après les évènements qu’ils rapportent. Ayant une bonne connaissance de la littérature sur ce sujet, P.Berthoud est à même de soutenir sa thèse sur la base à la fois de la raison et des faits. Il montre comment l’exploration et les découvertes au Proche Orient au cours des 150 dernières années ont mis en lumière le contexte plus large des écrits de l’Ancien Testament et en permettent une évaluation bien plus positive que ne l’ont reconnu de nombreux auteurs : l’archéologie nous révèle concrètement le contexte culturel alors que les inscriptions, en particulier, apportent des témoignages inestimables. Des documents anciens rapportent non seulement les mêmes évènements historiques que la Bible, tels la rébellion de Mécha, roi de Moab (2 Rois 3), ou l’emprisonnement du roi Yehoyakin, mais ils attestent aussi la grande précision de bon nombre de détails qu’elle fournit. P.Berthoud énumère certains de ces faits ; il en existe d’autres significatifs que les auteurs qui auraient vécu de longues années après les évènements n’auraient guère pu connaître, tels que la notation précise des différents titres des officiers assyriens de Sennachérib (2 Rois 18), et des officiers babyloniens de Nabuchodonosor (Jérémie 39) ou l’orthographe exacte des noms des rois de d’Assyrie. La correspondance entre les livres bibliques et notre connaissance actuelle des époques qu’ils prétendent refléter est impressionnante. Cependant, l’exactitude historique ne prouve guère plus que le contexte culturel et historique présupposé par les livres bibliques est juste ; elle ne peut prouver que la Bible est vraie car son message est d’ordre théologique et, en fin de compte, de par son caractère même, incapable d’être démontrée par des preuves tangibles. La cohérence de la vision et de l’enseignement qui imprègne les livres bibliques, partagée par de nombreux auteurs à travers de nombreux siècles, constitue un autre témoignage puissant. Cependant, en fin de compte, le récit biblique ne peut être reconnu vrai que par la foi en son auteur divin. La question de la fiabilité historique de la Bible devient vraiment cruciale pour quiconque lit les premiers chapitres de la Genèse, cœur de l’étude de Pierre Berthoud. En conséquence, il aborde la question « Mythe ou Histoire ? », en se demandant si le récit fait référence à la condition et à l’expérience humaines en général ou plutôt à des événements précis qui en rendent compte. Il souligne les contrastes entre la Genèse et d’autres récits relatifs aux origines du Moyen Orient Ancien et leurs théologies sous-jacentes là où d’autres mettent en avant les ressemblances, renforçant ainsi ses arguments en faveur de leur historicité. Cela l’amène à conclure qu’Adam a bien été le premier homme si bien que sa chute a précipité le plan du salut fondé sur la grâce de Dieu. Le plan du salut situé dans le contexte de la création divine est le thème de ce livre, thème si grandiose qu’aucun livre ne peut le contenir ! On se sert souvent du terme « Théologie biblique » pour qualifier l’étude de ce sujet. P. Berthoud explore divers exposés de Théologie biblique, attirant l’attention des lecteurs sur les contributions positives que des spécialistes d’origine différentes ont apportées, et il explique pourquoi il préfère parler de l’ « Histoire de la Révélation ». C’est ainsi qu’il revient aux onze premiers chapitres de la Genèse pour les utiliser comme le théâtre de sa démonstration. Le lecteur partagera son enthousiasme lorsqu’il expose cet aspect de la grâce de Dieu. Il étudie le cadre littéraire de ces chapitres où figure de façon récurrente l’expression « Voici la postérité de… », ensuite il fait des comparaisons avec les textes babyloniens, en particulier le récit du Déluge où il rejoint K.A.Kitchen qui y voit une tradition partagée mais pas forcément une dépendance de la tradition hébraïque de celle des Babyloniens. Pour fonder son argument concernant le thème de Genèse 1-11, Pierre Berthoud soutient que ces chapitres forment un tout et bien qu’ils constituent une sorte de préhistoire au cœur du livre, c’est-à-dire les biographies des Patriarches, ils fournissent le fondement essentiel à une compréhension de la promesse de Dieu faite à Abraham, justement parce qu’ils expriment ce thème d’un plan de salut divin qui se déroule progressivement. C’est un récit de « décréation » qui relie la Chute au Déluge tandis que l’appel d’Abraham réaffirme la finalité de la création de l’homme. Aucune étude sérieuse des chapitres 1-11 du livre de Genèse ne peut passer sous silence les problèmes de chronologie et de longévité qu’ils soulèvent, ainsi que leur généalogies, le récit du développement de la civilisation, la question de l’identité des « Fils de Dieu » (Genèse 6.2,4) et la tour de Babel. Pierre Berthoud expose ses pensées à propos de chacun de ces sujets d’une manière qui devrait aider les étudiants et stimuler de nouvelles études. Les conséquences de la Tour de Babel sont évidentes : la multiplicité des langues et la dispersion des hommes, ce qui rend impossible toute reprise du projet. En même temps, on devrait prendre note de la contrainte que Dieu s’est imposée quant à son mode de révélation subséquent : devait-il parler dans toutes les langues à tous les peuples, ou devait-il se limiter à une seule langue et un seul peuple ? C’est ce dernier choix qu’il a fait en s’adressant à Abraham et à sa famille. Les étudiants d’Aix-en-Provence qui suivent les cours de P.Berthoud, alors qu’il présente cette perception et compréhension des textes, peuvent apprécier la présence même du professeur et des occasions de discuter avec lui. Désormais, beaucoup plus de personnes pourront profiter de son travail. Les lecteurs des premiers chapitres de la Bible peuvent se tourner vers le livre de Pierre Berthoud pour y trouver une réflexion biblique solide. Il donne à la génération actuelle de bonnes raisons pour en accepter le contenu bien qu’il soit discrédité par beaucoup. Son étude, respectueuse du témoignage biblique, aidera tout lecteur sensible à mieux apprécier la grâce merveilleuse de Dieu qui révèle son plan à sa création rebelle, et à ainsi glorifier le Second Adam qui a mené ce plan à son accomplissement.
Alan Millard
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